Capsulite de l’épaule

Les informations ci-dessous concernant la capsulite rétractile de l’épaule s’adressent aux patients qui cherchent à mieux comprendre cette affection et à mieux préparer la consultation avec leur médecin. Le but est de favoriser et d’éclairer le dialogue avec le médecin qui seul peut proposer une conduite adaptée à chaque cas.

La capsulite rétractile entraîne un enraidissement douloureux progressif de l’épaule. Elle est ainsi nommée en raison de la rétraction de la capsule qui entoure l’articulation. Les anglo-saxons parlent de « frozen shoulder »  ou épaule gelée. Elle touche 2 à 5% de la population.

PAR QUEL MECANISME CELA SE PRODUIT-IL ?

La physio-pathologie est encore discutée : certains praticiens l’incluent dans le cadre d’un syndrome Douloureux Régional Complexe de type I ou algodystrophie, d’autres s’orientent vers d’autres pistes. Tandis que les recherches sur la physiopathologie se poursuivent, un consensus est établi pour porter le diagnostic avec certitude et grâce à des études rigoureuses, des progrès se font pour mieux cadrer les traitements à proposer.

Il s’agit d’une pathologie bénigne qui régresse en 12 à 24 mois, sans endommager ni le cartilage ni les tendons.

QUELLES SONT LES CAUSES ?

La capsulite peut survenir sans cause. Elle alors dite primitive. Elle touche volontiers la femme de 40 à 60 ans. Elle peut être secondaire à un traumatisme même minime y compris une intervention chirurgicale, à une affection douloureuse comme une tendinite de la coiffe des rotateurs. Si elle est secondaire à un traumatisme, elle peut éventuellement être déclarée en accident de travail. Si elle est primitive, elle ne peut être déclarée en maladie professionnelle. Il ne s’agit pas d’un TMS (trouble musculo-squelettique).

Certaines maladies favorisent sa survenue :

  • Diabète (10 à 35% des diabétiques) Hyperthyroïdie
  • Pathologie neurologique : AVC, tumeur, maladie de Parkinson
  • Pathologie thoracique : infarctus du myocarde,  tuberculose pulmonaire
  • Médicaments: Isoniazide (antibiotique utilisé entre autre dans la tuberculose), barbituriques (utilisés dans l’épilepsie), anti-protéases (utilisées pour le traitement du VIH)

QUELLE EST L’EVOLUTION ?

Phase de début Phase  intermédiaire Phase de récupération 
DOULEUR

Intense. Réveils nocturnes

Maximale dans le bras

Diminue

Absente sauf lors des mouvements réflexes

RAIDEUR

Discrète. On peut croire à une tendinite.

Manifeste

Diminue progressivement

GENE

Difficultés à trouver une position d’endormissement

Difficultés pour mettre un pull ou sa veste, pour faire sa toilette, dans son activité professionnelle

Diminue progressivement

Evolution vers la libération

DUREE

De quelques semaines à quelques mois

Plusieurs mois

Plusieurs mois

SYMPTÔMES ET EXAMEN CLINIQUE

Le médecin fait le diagnostic en examinant l’épaule. Il constate que ce n’est pas seulement la douleur qui limite l’épaule mais qu’il existe une limitation  des amplitudes passives, c’est-à-dire des mouvements qu’il impulse à votre bras. C’est la rotation externe qui est la plus touchée, celle que vous utilisez pour vous coiffer, pour tenir un bébé sur la hanche…

 l’avant bras ne peut être amené vers l’extérieur lorsque le coude est collé au corps

Epaule normale : rotation externe passive

Capsulite rétractile

Ces signes à l’examen sont très caractéristiques et les examens complémentaires sont quasiment inutiles, cependant on s’entoure de précautions pour ne pas méconnaitre une autre  affection.

EXAMENS COMPLÉMENTAIRES

  • La radiographie est normale et cette normalité est très importante pour conforter le diagnostic et en éliminer d’autres.
  • L’arthrographie : n’est pas réalisée systématiquement. Elle est contre-indiquée en cas de grossesse. Elle consiste en l’injection d’un produit de contraste iodé dans l’articulation de l’épaule (Pensez à signaler une éventuelle allergie à l’iode). On constate que le volume que l’on peut injecter est inférieur à la normale, c’est à dire 30ml. Dans la capsulite rétractile, le volume est souvent inférieur à 8 ml. On met en particulier en évidence une diminution du volume du récessus axillaire. On peut réaliser dans le même temps d’une infiltration de corticoïde à visée thérapeutique ou d’une distention de la capsule.
  • L’IRM : Son intérêt est surtout patent dans les formes débutantes, de diagnostic difficile. D’accès difficile car peu d’appareils disponibles en France. Elle montre un réhaussement du signal de la capsule et de la synoviale marqué dans l’intervalle des rotateurs et dans le récessus axillaire.
  • L’échographie : elle peut monter un épaississement de l’intervalle des rotateurs et du ligament coraco-huméral.

 

TRAITEMENT

Ce qu’il faut bien savoir c’est que les traitements permettent de calmer les douleurs si pénibles en phase de début et à récupérer progressivement de la mobilité lors de la phase d’enraidissement, toutefois l’évolution reste longue de 18 mois à deux ans et il faut beaucoup de patience.

Le traitement est adapté à la phase évolutive. (1,2)

En phase de début, il faut tout faire pour calmer les douleurs et permettre de retrouver le sommeil. En pratique, on commence toujours par les traitements les plus simples, médicaments anti-douleur et anti-inflammatoires. Les infiltrations de corticoïdes donnent de bons résultats. La kinésithérapie est souvent mal tolérée à cette étape et il ne faut pas la commencer trop tôt. L’application de froid ou de chaud peut aider.

En phase d’enraidissement, la kinésithérapie donne de bons résultats y compris en balnéothérapie. Le kinésithérapeute enseigne des exercices à faire à domicile en complément.

Si l’évolution est défavorable et en particulier dans les capsulites secondaires comme chez les patients atteints de diabète, on a recours à des traitements plus compliqués :

  • L’arthrodistention ou distention arthrographique est proposée  à la phase  intermédiaire où la raideur est manifeste et devient plus gênante que la douleur. Elle est réalisée avec un anesthésique local et du sérum physiologique. On rajoute souvent un dérivé cortisonique en fin de geste.
  • La mobilisation sous anesthésie générale et plus encore l’arthrolyse ou capsulotomie arthroscopique sont réservés aux cas les plus rebelles (1, 2, 3)

En conclusion la capsulite rétractile de l’épaule est une affection bénigne qui guérit mais dont la durée d’évolution peut sembler désespérante. Il faut savoir qu’elle peut atteindre les deux épaules mais ne récidive pas. L’établissement d’une bonne relation thérapeutique avec le médecin traitant, le rhumatologue et le kinésithérapeute est un grand atout et un grand soutient tout au long de l’évolution.

  • Capsulite rétractile de l’épaule « Quel traitement en 2010 ?» Revue de la littérature. Dr Marie Martine Lefèvre-Colau. Conférence au 10°congrès du GREP 2010. Sur le Site de la Société Française de Rhumatologie, dans l’onglet « sections spécialisés » => GREP et onglet en haut à droite « Congrès »
  • Capsulite rétractile. Traitements médicaux, simples ou compliqués. C. Palazzo et M. Revel. Revue du rhumatisme. Juin 2010 Vol 77-N°3, 268-272
  • Capsulite rétractile. Traitement chirurgical- Arthrolyse arthroscopique. L. Nové-Josserand et R. Maia. Revue du rhumatisme. Juin 2010 Vol 77-N°3, 273-276