La rééducation

Essentielle le plus souvent dans le traitement des différentes pathologies de l’épaule, la rééducation est en forte évolution depuis une dizaine d’années.

Elle nécessite des techniques et des exercices spécifiques, mais surtout elle doit être « sans douleur » et respectueuse des délais imposés par la cicatrisation. On privilégiera des exercices harmonieux et globaux aux exercices traditionnels souvent agressifs et mal tolérés.

La finalité de cette rééducation est de permettre au patient de retrouver une épaule avant tout non douloureuse, puis de lui rendre souplesse, force et agilité.

Une épaule non douloureuse

La douleur est le plus souvent la cause initiale de consultation ; retrouver une épaule non douloureuse est le premier but de tout patient.
Hormis le traitement que vous a prescrit votre médecin/chirurgien, votre kinésithérapeute vous proposera :

  • Massages et mobilisations douces pour lutter contre les contractures et les attitudes vicieuses.
  • Electrothérapie antalgiques de type TENS.

Toute séance de rééducation qui déclenche des douleurs pendant ou après la séance doit être revue à la baisse !

Une épaule souple

En parallèle à la lutte contre la douleur, il faut débuter dès que possible le travail de la mobilité de l’épaule.

La clé de voûte de la rééducation « moderne » : Le recentrage articulaire.

Il s’agit de positionner correctement l’humérus dans la glène qui lui fait face. En corrigeant d’éventuels défauts de positionnement, le kinésithérapeute permet de diminuer les tensions et contractures périphériques, permet donc un meilleur apport vasculaire (donc meilleure cicatrisation), il diminue également les conflits qui ralentissent trop souvent la guérison.
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Les amplitudes restantes seront gagnées par un travail GLOBAL ! En effet, la mobilité de l’épaule se fait à 50% entre l’omoplate et le thorax ; il faut donc permettre à celui-ci de participer. Le gain d’amplitude se fera passivement le plus souvent et sous le contrôle du kinésithérapeute.

En progression :
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Le travail de la rotation interne (main dans le dos) sera rarement effectué car celui-ci est agressif pour les tendons de la coiffe des rotateurs. Les progrès se feront avec le temps et les mouvements quotidiens. Le travail spécifique de ces amplitudes étant souvent un échec et une perte de temps.

Une épaule forte

Lorsque les amplitudes articulaires sont retrouvées, le travail de renforcement musculaire prend le relai. Il ne doit pas déclencher de douleur et ne se fera pas dans des situations conflictuelles (entre 80 et 120° l’élévation antérieure).

Avant une cicatrisation complète, les muscles travaillés le seront sous forme d’entretien musculaire pour les mouvements possibles. C’est une forme d’entretien actif des mobilités.

La cicatrisation étant complète, la finalité sera d’obtenir une épaule à la musculature équilibrée…

Le bilan du patient servira de guide. Le plus souvent il s’agira de renforcer les rotateurs externes de la coiffe ainsi que les muscles qui mobilisent l’omoplate. Les patients sportifs trouveront des moyens d’équilibrer leur musculature et donc un moyen de prévenir une rechute ou de rendre leur geste plus efficace.

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Ex rotation interne coude au corps Ex rotation externe coude au corps
La SEF (stimulation électrique fonctionnelle) :
Des électrodes sont placées de façon précise pour stimuler un muscle choisi. Cette technique est utile pour stimuler des muscles faibles, que le patient n’arrive pas à contracter (mauvais schéma corporel) ou avant consolidation pour diminuer la fonte musculaire.

Une épaule agile

La rééducation se termine par un travail de l’agilité de l’épaule. Ce travail se fait le plus souvent avec une faible charge de travail en augmentant progressivement la vitesse d’exécution ainsi que l’amplitude.

Deux axes de travail seront privilégiés :

  • Le travail de coordination motrice des rotateurs de la coiffe.
  • On améliorera ainsi la qualité du recentrage dynamique de la tête qui diminue les risques de conflit et améliore l’efficacité du geste.
  • Un travail plus classique de proprioception

Ce travail se composera d’exercices de stabilisation de tout le membre supérieur dans l’espace (réception d’objets, mouvements contrariés par ex). Mais aussi de travail en chaine semi ouverte, c’est-à-dire avec les mains en appui.

Pour conclure

La rééducation de l’épaule doit être « sans douleur » ; forcer conduisant toujours à une perte de temps. Il est préférable de la réaliser chez un kinésithérapeute habitué à cette rééducation pour mieux vous guider sur le chemin de la guérison.

L’équipe de kinésithérapeute du centre de l’épaule.